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Une pluie têtue baigne Salvador. En attendant que le vent se calme un peu, j’installe un support de pataras pour surélever l’antenne du détecteur Merveille située trop bas dans le balcon arrière. Mais le lendemain, dès la sortie de la Baie de Tous les Saints, au tout premier « bip », quelque chose cloche ?? « Oh ! Mais quelle gourde ! J’ai remonté l’antenne à l’envers ! ». Petite gymnastique cérébrale : les avants passent à l’arrière, les tribords à bâbord, je règlerai ce détail à Jacaré !
Enfin nous partons ! Les deux premiers jours, il faut se ré-amariner ! Et pas facile sur les bords de près ou près débridé (vent qui vient de devant) qui secouent ! Mais Ratafia est heureux ! Il file bon train, ignorant les vagues, il avance, il court, il vole ! Un peu plus de 5 nœuds de moyenne, et régulièrement 6 – 6,5 nœuds ! Bon d’accord, on a le courant avec nous ! Mais bon quand même, ça fait plaisir, on a eu du bon vent !
La petite biellette du régulateur d’allures (pilote) ne tiendra pas le choc ! Mais c’est juste un manchon de décollé, je réparerai facilement à l’escale !
Le summum du luxe en mer : la douche à l’eau chaude !
Au large, je retrouve les petits « poissons à voile », ceux qui se servent de leur nageoire aérienne rose fluo pour avancer ! Et je vois un cachalot (?) sauter à plusieurs reprises !! C’est très gros, et assez peu élégant. Ca ne saute pas comme les dauphins, ça sort tout droit comme une fusée, dans une magnifique gerbe d’eau, et ça retombe comme ça peut, sans figure ni pirouette ! Mais c’est trop beau à voir ! Les beautés de la mer qui vous font oublier votre estomac à l’envers !
Je retrouve aussi les espèces de corbeaux. Compagnons d’une nuit. Ils sont deux, un troisième tente une approche mais, apparemment pas potes, il se fait chasser vite fait ! Pas braves les bestioles !
Pour ce qui est du moteur, ah ah ! Comment dire… ?? J’en ai pris grand soin ; l’ai démarré tous les jours, et tous les jours nickel au quart de tour ! Sauf… Et oui bien sûr, sauf au moment où j’en avais besoin… Sinon ce serait moins rigolo ! Je remonte donc le rio Paraiba à l’ancienne, tirant des bords appliqués entre vedettes rapides, navettes de passagers et voitures, jet-ski, bouées, épaves… (Et j’ai encore la patate après ces cinq jours de nav’ !). La nuit tombe, heureusement j’atteins le port de Cabedelo. Je tente de mouiller parmi les pêcheurs. Mais, débutante en manœuvre à la voile en rivière, je mets un peu de temps à comprendre que le courant (inverse au vent) tourne le bateau à chaque fois que je jette l’ancre, regonflant ainsi la grand voile qui devient impossible à affaler ! Après deux manœuvres ratées (on peut le dire !), Ratafia se trouve un peu trop engouffré à l’intérieur du mouillage, près de la plage et d’un débarcadère cimenté menaçant. « Ah bah nous v’là bien…! » Des habitants du village viennent à mon secours : Mosaldinho, à la nage, grimpe à bord, et se met à l’ancre, tandis que d’autres nous déhâlent le long du ponton. Ouf ! On recommence la manœuvre, cette fois parfaite !
Le petit port de pêche de Cabedelo, escale technique rapide mais riche ! A gauche, le débarcadère !
Mosaldinho est mécanicien, ah bah ça ! Quelle chance !! Et revient le lendemain matin à 5h30 avec du jus de coco, du pain croustillant (Hum !! Le premier depuis que je suis au Brésil !!), des œufs et du lait ! Wouaw, quel accueil !!
Et le moteur se redémonte : d’abord l’alternateur pour vérifier le démarrage en direct (qui se fait ! Ouf !) La panne était, au final, ridicule : un simple fil débranché au tableau de bord ! (Faut dire que la mer nous a un peu secoués le dernier jour !)
Nous fêtons ça avec du poisson et une bouteille de rouge (au goût de jus de raisin mais on savoure tout de même !) Et en route pour Jacaré, plus très loin !
Mosaldinho en cuisine, pendant que je bidouille le tableau électrique : et oui, c’est au tour des instruments de navigation de se faire la malle ! Juste un interrupteur en vrac, j’inverse avec le projecteur de pont jamais utilisé, et c’est reparti mon kiki ! Je remplacerai mieux un peu plus tard… !
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